« Nouveau » CCE La peinture à peine sèche, les murs se fissurent déjà !

Le CCE « new-look », meilleur redistributeur de subventions aux salariés, équitable, doté d’une nouvelle gouvernance, annoncé à grands coups de renforts de tracts par certaines organisations syndicales, semble déjà avoir vécu !

En effet, chacun(e) d’entre vous a dû recevoir une lettre électronique du bureau du CCE annonçant que les colonies de vacances de la Toussaint étaient purement et simplement annulées. C’est une triste première pour le CCE Air France qui a toujours trouvé les moyens et la volonté de faire partir nos enfants en vacances.

L’argument consistant à affirmer que d’après des statistiques sur 2 années, 60 % des enfants inscrits aux colonies de vacances de la Toussaint étaient déjà partis en colonie en cours d’année est scandaleux. Cela revient à dire que les 40 % d’enfants qui ne sont pas partis en cours d’année ne feront aucune colonie en 2017 !

Rappelons que ce CCE « rénové » fait suite au rapport Colin, ancien DRH d’Air France, qui a fait des propositions visant à mettre en place un CCE basé sur un modèle libéral, ce qui est parfaitement antinomique avec le concept et le rôle d’un Comité d’Entreprise. Ces propositions ont été reprises en l’état par une grande majorité d’organisations syndicales qui en ont fait un accord. Ce texte vise à déposséder le CCE de ses prérogatives en donnant plus de pouvoir aux différents CE. Certains CE, devenus plus riches, distribuent plus de places de cinémas, de chèques scolaires, de chèques cadeaux, au détriment des activités du CCE (Vacances Jeunes, Vacances Familles entre autres).

L’ASAF (Amicale Sportive d’Air France), qui recevait une subvention du CCE doit aujourd’hui se tourner vers chacun des 7 CE pour percevoir la subvention qui lui permet de fonctionner. Certains CE ne veulent pas payer, d’autres ne peuvent pas faute de moyens financiers. L’ASAF se retrouve aujourd’hui en grande difficulté. Cet outil social, où des agents peuvent faire du sport ensemble sous les couleurs de l’entreprise, quel que soit leur secteur d’activité ou leur niveau hiérarchique, est en danger.

Nouvelle gouvernance :

Une des décisions issue du rapport Colin est de mettre en place une nouvelle gouvernance à la tête du CCE. Rien que le terme « gouvernance » issu de la novlangue libérale, marque un changement de vision.

Avant ce virage, les membres du bureau du CCE, élus par la session de CCE, étaient responsables et décisionnaires des actions du CCE. Ils appliquaient un programme présenté aux salariés lors des élections professionnelles.

Aujourd’hui, le bureau est placé sous la tutelle de la coordination des 6 secrétaires des CE Sol. En résumé, le bureau propose et les secrétaires de CE disposent. Enfin ça c’est la théorie puisque le bureau actuel du CCE (Jean-Pierre Combes-Defontis – CGC, Hervé Capdevielle – CFDT, Florence Carreira – Sans étiquette) vient d’imposer la suppression des colos de la Toussaint sans passer par la coordination des secrétaires de CE.

Accès des retraités aux activités du CCE :

Rappelons en préambule que dans toute société normalement constituée, il existe un devoir de solidarité envers les aînés. Ceux-ci sont de plus en plus considérés comme des nantis qui profitent à outrance du bien commun alors qu’ils ne cotisent plus.

C’est d’autant plus injuste que nos aînés ont contribué à la richesse du CCE durant toute leur carrière à Air France (rapport de force pour conquérir des droits nouveaux, acquisition et développement du patrimoine, …)

Les retraités sont aujourd’hui une source d’apports pour le CCE puisqu’ils n’ont accès en périodes scolaires aux centres de vacances uniquement s’il reste des places. Ils effectuent donc le remplissage complémentaire de ces centres.

Le bureau du CCE vient à ce propos de faire une proposition scandaleuse concernant les retraités : la suppression des tarifs réduits T2 à T5. Cela revient à faire subventionner les vacances des plus aisés par les plus modestes ! Cette décision a été validée par la coordination des secrétaires de CE, sauf le CE Point à Point, dirigé par la CGT.

Vous avez dit problèmes d’argent ?

La CGT, qui a dirigé le CCE de 2011 à 2017, connait les difficultés inhérentes au financement de cet outil. La baisse constante des effectifs Air France ne facilite pas les choses puisque la subvention allouée par l’employeur ne cesse de baisser d’année en année. Pour autant, il resterait suffisamment d’argent au CCE pour fonctionner si chaque CE en avait la volonté…

Malheureusement, la priorité n’est plus le bien commun mais la gestion à courte vue où les prochaines élections professionnelles de mars 2019 autorisent certains à préférer offrir plus de places de cinéma et de chèques en tous genres par souci de clientélisme plutôt que de financer correctement le CCE et l’ASAF.

Le résultat est édifiant : les salariés du CCE paient la note puisqu’un plan de suppression d’emplois (PDV) va prochainement être mis en place.

C’est un cercle vicieux qui est En Marche. On recherche des économies pour pallier au manque de solidarité et de vision collective. On finance moins le CCE, donc celui-ci perd des activités, donc on supprime des emplois.

Enfin, la politique tarifaire pose question. Un centre comme Saint Georges de Didonne n’est pas rempli en pleine saison en raison de l’augmentation des tarifs. C’est donc un manque de ressources supplémentaires qui se profile, un manque à gagner pour l’entretien et la rénovation de ce centre. Idem pour les centres de colonies qui vont rester fermés et ainsi s’abîmer un peu plus.

C’est un engrenage infernal vers le déclin qui est mis en œuvre. Des centres de vacances ont été placés en vente, notamment pour financer le futur PDV. Mais les ventes sont loin d’être ficelées, à moins de brader le patrimoine du CCE…

La CGT avait malheureusement vu juste lors de la signature de l’accord liant les CE et le CCE suite au rapport Colin. Une majorité de CE a pris le pouvoir sur le CCE et l’étrangle financièrement. Plutôt que d’exiger des mécanismes de compensation avec l’employeur suite à la suppression de plus de 15 000 emplois ces 8 dernières années, ce qui a réduit drastiquement le niveau de subventions des CE et du CCE, chacun a préféré s’enfermer dans une logique sectorielle et électoraliste dont on mesure aujourd’hui les limites pour l’avenir de notre CCE.

C’est en raison de ce virage pris par une grande majorité de CE que la CGT a quitté les rênes du CCE. Pour autant nous tenons à cet outil comme à la prunelle de nos yeux et nous continuerons d’alerter et de faire en sorte que l’intérêt général l’emporte.

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